09.10.2019

«Expert View» – Développement durable: à la fois un défi et une chance – Perspective actuelle sur le secteur des structurés par Adrian Steinherr, UBS

Le thème du développement durable cristallise le débat public comme aucun autre. Les politiciens, les scientifiques, les responsables économiques et les consommateurs s’interrogent sur la manière dont les enjeux écologiques et sociaux considérables pourront être maîtrisés. En 2015, les Nations Unies (ONU) soutenues par 193 pays ont adopté l’«Agenda 2030» pour le développement durable. Il doit mettre fin à la pauvreté tout en luttant contre le changement climatique et l’injustice.

Selon les calculs des Nations Unies, des investissements annuels de cinq à sept billions de dollars US sont nécessaires pour atteindre les 17 Social Development Goals (SDG) d’ici 2030. Cette estimation montre à elle seule qu’il ne sera pas possible de faire l’impasse sur le secteur financier. Il peut jouer un rôle charnière afin de préserver les ressources et les chances pour les générations futures. Cela vaut pour l’octroi de capitaux étrangers. Les banques peuvent ainsi soutenir le processus de changement, en cessant par exemple de financer les centrales à charbon.

Parallèlement, la durabilité devrait devenir une valeur essentielle de la gestion d’actifs. La transformation est en cours et les investisseurs sont de plus en plus nombreux à recourir aux critères «ESG» dans l’allocation de capitaux. Il s’agit des thématiques Environnement, Social et Gouvernance (bonne conduite de l’entreprise). La question est de savoir comment transposer efficacement et systématiquement ces critères de qualité dans un portefeuille. Par le passé, les investisseurs se sont notamment contentés d’exclure des secteurs controversés, par exemple les fabricants d’armes ou les producteurs de tabac. Aujourd’hui, la gestion de portefeuille va plus loin. Les entreprises doivent satisfaire à des exigences ESG maximales, pour que leurs actions ou obligations puissent être retenues dans un placement durable.

De telles approches vont au-delà de la simple bonne conscience. Les placements ESG doivent générer des revenus stables sur différentes durées. En aucun cas, les investisseurs ne devraient être «sanctionnés» pour leur engagement par des baisses de performance. Pour atteindre cet objectif, l’offre d’informations est essentielle en plus de l’expertise dans la gestion de portefeuille. Il faut une base de données détaillée et de qualité pour distinguer les meilleurs élèves en termes d’ESG de la masse. Une stratégie exemplaire selon des critères de durabilité ne suffit toutefois pas à elle seule. La réussite durable dépendra aussi toujours de la puissance financière et opérationnelle d’une entreprise.

Le marché suisse des produits structurés tient compte du changement. Les solutions de placement durables se multiplient dans l’offre des émetteurs, que ce soit grâce à des indices d’actions assortis de filtres ESG ou à des émetteurs tiers souhaitant financer des projets spécifiques. Par le passé, notre secteur a régulièrement prouvé qu’il pouvait réagir vite et en souplesse à une évolution de l’environnement. En ce sens, les critères ESG constituent une opportunité de taille, puisque le segment va très certainement prendre de l’importance sur le marché des produits structurés. Je me réjouis en tous cas d’un débat passionnant et fructueux consacré à des solutions appropriées et prometteuses.

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